Entretien avec Clarisse Calliopé : blogueuse et soumise

Entretien avec Clarisse Calliopé : blogueuse et soumise

Clarisse Calliopé, peux-tu te présenter pour les internautes d’histoires libertines ?

Avec plaisir ! Je suis une jeune femme de 26 ans, soumise, masochiste et bisexuelle (pour ce qui est des grandes lignes). Aussi je suis bloggeuse depuis un peu plus d’un an, j’écris au sujet de ma soumission, de mon ressenti, de mes influences et de mes séances BDSM avec mon Maître.

Comment as-tu choisi ton pseudo ?

Si j’ai décidé de me faire appeler « Clarisse Calliopé » c’est en référence à la mythologie grecque. Calliopé était la muse de la poésie épique et de l’éloquence. Aujourd’hui cela peut paraitre assez prétentieux de ma part mais au départ je ne pensais pas que mon histoire aurait autant de succès. Fille de Zeus (le dieu des dieux) et de Mnémosyne (Elle aurait inventé les mots et le langage), cela me ramène bien sûr à mon histoire familiale, un joli clin d’œil à mes parents. En tout cas, ce n’est pas un pseudo choisi au hasard c’est certain, j’aurai mis je crois quelques semaines avant d’arriver à statuer sur mon pseudo.

 

Comment es-tu entrée dans le BDSM ?

J’y suis rentrée par la force des choses, petit à petit je crois, où plutôt j’y suis depuis toujours et je l’assume progressivement en lui laissant davantage d’importance jour après jour. Cependant il y a une date clé pour moi ; le jour où j’ai arrêté de me voiler la face, le jour où j’ai décidé d’assumer tous mes penchants et de m’y consacrer exclusivement. J’ai vécu une grande rupture il y a de cela quelques années. Je l’explique dans mon livre d’ailleurs. A partir de cet instant, j’ai décidé d’arrêter de forcer pour rentrer dans le moule de la société qui n’est visiblement pas fait pour moi, ma vie a radicalement changé et je suis beaucoup plus libre et heureuse aujourd’hui d’avoir fait des choix d’importance dans ma vie.

 

50 nuances de Grey t’a-t-il influencé dans ta vie de soumise ?

Je ne pense pas non, mais je crois par contre que la société a changé son regard sur moi avec ce film. Dans le domaine, on crache allègrement sur ce phénomène, parfois pour les bonnes raisons, parfois pour les mauvaises.

Ce film stigmatise ; les dominants sont des hommes beaux, intelligent et multimilliardaires. Ce sont des hommes avec de grandes failles psychologiques ce qui explique leurs penchants. Des hommes parfaits, solitaires, que de belles donzelles simples et naturelles sans prétention vont révéler en un coup de foudre miraculeux. Ce sont des romances modernes, rien de plus.

Ce n’est absolument pas ma vision du BDSM, et le monde du BDSM lui-même ne se reconnaît pas dans ce type de romance. Malgré tout je ne suis pas indignée, je vois le positif de ce phénomène ; il dé-diabolise notre monde même s’il le vulgarise. Ce qui chagrine beaucoup de monde c’est que l’on voit apparaître ici et là nombre de Maîtres et de soumises qui n’en ont franchement pas l’étoffe. Certains s’indignent, moi je laisse faire, seulement je sais dans mon esprit ceux que je considère comme mes semblables et les autres. Après, cela n’est que mon jugement personnel.

Pour la petite histoire, j’ai été voir les 50 nuances de Grey au cinéma. Toutes mes amies, mes collègues et certaines femmes de mon entourage proche ne parlaient que de ça. Celles-ci ont essayé de me refiler les bouquins pour les lire. Gênée je déclinais systématiquement après quoi l’on me disait que c’était parce que j’étais trop coincée que je me refusais à ce genre de lecture. J’ai beaucoup ri en silence, comme cela m’arrive souvent aujourd’hui. Par contre, je n’ai pas échappé au film. Tout ça pour dire que je suis restée assez discrète, mais le seul vrai moment plaisant du film pour moi a été celui le plus horrible pour tout le monde (un petit passage de coup de ceinture) qui à l’époque me rappelait agréablement au souvenir de celle de mon précédent Maître.

En tout cas, pour ce qui est de m’aider à me sentir moins hors du commun, c’était loupé.

 

Soumise tenant une laisse dans sa boucheQue t’apporte ton maître ?

Quelle question ! Superbe question, sauf que la réponse risque d’être longue si j’y réponds exactement. Cela serait hypocrite de ma part de vous dire « Tout ». Ma vie, je la dois à mes parents, mon éducation aussi. Sauf qu’aujourd’hui, j’exprime moi le besoin d’avoir quelqu’un dans ma vie, mais pas un mari, plus qu’un amant, autre qu’un enfant. Même si tous ces hommes j’aimerais les avoir, il y a une personne dont j’ai besoin plus que toutes les autres : c’est un Maître, LE Maître de ma vie. Aujourd’hui, ce qu’il m’apporte est important, fondamental. J’ai toujours du mal à parler de ça parce que cela ne fait que mettre le doigt sur l’importance de sa présence dans ma vie et me rappelle par la même occasion à la crainte perpétuelle qui subsiste en moi de le perdre un jour ou l’autre. J’ai eu droit il y a peu à un très bref aperçu qui m’aura fait prendre davantage conscience de mon attachement pour lui.

Je vais tâcher de répondre à la question cette fois (rire) en vous parlant du quotidien. Ce qu’il m’apporte est pourtant si simple, sans aucune prétention, mais c’est exactement ce dont j’ai besoin. Même si ni lui ni moi ne sommes des êtres parfaits, je n’ai aucun mal à me convaincre qu’il m’apporte une bonne partie de tout ce dont j’ai besoin aujourd’hui. Il y a certaines choses qui nous sont très personnelles que nous ne pourrons malheureusement jamais nous offrir lui et moi mais aussi tout avoir dans la vie ce n’est pas possible. Alors au-delà de ces lourdes concessions, nous nous apportons de bonnes choses. Pour lui, c’est d’abord l’écoute, la bienveillance et le conseil neutre et avisé. Mon Maître est un homme brillant dans les relations humaines et son regard mature au sujet de mes choix de vie sont d’une aide précieuse.

Ensuite il m’apporte le sexe, surtout ! Je sais à quel point c’est fondamental dans ma vie. Mon Maître est le seul homme sur terre qui sache vraiment ce dont j’ai besoin en matière de sexe, avec une précision déconcertante. Dans nos jeux qui sont pourtant poussés à un extrême délicat, cela ne l’empêche pas, loin de là, d’arriver à mettre le doigt à chaque fois, exactement là où il faut. Jamais je n’ai vécu une séance que j’ai regretté, jamais il n’est allé ni trop loin, ni trop fort pour que je puisse me dire qu’il était cette fois totalement à côté de mes attentes. Et aujourd’hui j’en ai totalement perdu goût aux autres hommes, moi qui ai toujours été nymphomane, je ne lui confie pas trop mais j’en suis la première incroyablement étonnée. Je n’ai goût en personne d’autre aujourd’hui, sauf les femmes peut-être, mais ça c’est une autre histoire…

 

Que conseillerais-tu à une fille qui souhaite pousser la porte des relations D/s ?

Déjà, la méfiance, ici pour réussir à se soumettre, c’est le parcours du combattant. Ensuite il faut être sûre de ses idées, ne pas chercher à se soumettre ni avoir des attentes démesurées, au risque de passer à côté du bon Maître pour de mauvais prétextes. Faire la part des choses : un Maître n’est pas nécessairement un amant, ni un futur mari, et encore moins un amoureux transit.

Si la demoiselle en question est claire dans sa tête et pleine de détermination, alors je ne peux que l’encourager… à m’écrire ! 😉 Plus sérieusement, hormis) la méfiance, la réflexion et la détermination, il faut être honnête et sincère vis-à-vis de soi et des autres et sans aucun doute il est possible de rencontrer une personne bien avec qui construire de belles histoires BDSM. J’ai de très bons contacts d’ailleurs, qu’il s’agisse de Maîtresses ou de Maîtres, soumis ou soumises. Par ailleurs, je suis toujours ravie d’aider qui frappe à ma porte, et je suis prête à soutenir n’importe quelle soumise en difficulté. Pour avoir sombré de longues années dans les méandres du BDSM je sais de quoi il en retourne.

 

Qu’est ce qui t’a poussé à devenir bloggeuse ? Et cela t’apporte quoi ?

Mon Maître a vite remarqué mon goût pour l’écriture, c’est donc lui qui m’a proposé le blog. J’étais admirative de Céline Messine à l’époque et j’adorais ce qu’elle écrivait. Mon Maître m’a encouragé pour toutes ces raisons. J’ai d’abord été septique, réfractaire et j’ai dit non, cela n’était qu’une proposition. Mais très vite j’ai changé d’avis, la peur d’être décevante s’était effacée face aux encouragements de mon Maître. Je me suis donc lancée il y a de cela un peu plus d’un an et jamais pourtant nous n’aurions cru arriver jusqu’ici avec le blog. Aujourd’hui, Clarisse Calliopé fait partie intégrante de ma vie, mon autre moi, celui dans l’ombre de la femme que je suis « officiellement ». Je suis étonnée et je crois que je ne prends pas réellement mesure de l’impact que je peux avoir sur d’autres couples BDSM, d’autres personnes du milieu, d’autres curieux. Je reçois des mails quotidiennement et l’on me sollicite pour de nombreux projets, nous rencontrons beaucoup de monde, enfin autant que notre planning nous le permet et je baigne dans les encouragements. C’est un plaisir fou du quotidien, où je me vois toujours plus impressionnée de tout l’engouement que suscite mon personnage et mon blog. C’est un peu dingue comme sensation, enivrant parfois, même si je garde les pieds sur terre : ma vie est ailleurs, en tout cas elle n’est pas derrière mon écran d’ordinateur c’est certain. J’ai une vie personnelle tout aussi trépidante même si elle intéresse beaucoup moins de monde, surtout parce que celle-ci je ne l’expose pas. J’ai fait le choix de scinder ces deux pans de ma vie pour justement pouvoir les vivre toutes les deux pleinement et sans crainte.

 

Peux-tu nous parler de ton blog ?

Avec grand plaisir ! Mon blog c’est mon petit bijou. Le fruit de notre relation D/s mon Maître et moi. C’est l’endroit où je peux parler sans aucune censure, sans craindre la critique. J’y poste des photos de nous, le récit de nos séances, mes réflexions autour du BDSM et quelques autres topics. J’essaie de le faire évoluer dès que je le peux, j’y ai intégré de nouvelles rubriques ; mes influences, partie dans laquelle je parle des films/personnes/livre qui m’ont influencé et passionné. J’ai également intégré un petit forum assez simple. J’essaie d’innover également, en proposant certains articles en version audio, narrés par de jolies voix féminines.

 

Femme en dessous rougesTu as récemment découvert la bisexualité, alors c’était comment ?

La première de mes amantes est devenue une amie très proche, je l’ai rencontré alors que je ne connaissais pas encore mon Maître. Lorsque j’ai rencontré mon Maître, nous avons essayé de rencontrer des femmes, ce que nous avons réussi à faire quelques fois, comme en témoigne quelques-uns de mes articles. Aujourd’hui, j’ai la possibilité de rencontrer des femmes seule. Les femmes et moi c’est une histoire toute particulière, je ne fais pas ça pour faire plaisir à mon Maître, je suis réellement attirée. La féminité, la douceur, la beauté d’une femme sont des choses qui me plaisent tout particulièrement. Je crois que je suis vanille avec les femmes et BDSM avec les hommes. J’aime à garder ces rencontres secrètement pour moi, et pour mon Maître aussi, d’autant plus que beaucoup de femmes ne souhaitent pas que je parle d’elles, ce que je respecte. Tout ça pour dire que les moments que nous passons ensemble sont vibrants et totalement différents de ce que j’expose, beaucoup de douceur, beaucoup de baiser et une complicité très forte bien qu’éphémère. Ces moments là sont pour moi d’excellents moments même s’ils ne valent pas les séances que je peux avoir avec Monsieur. Le sadomasochisme avant tout, la bisexualité mon péché-mignon.

 

Quels univers as-tu envie de découvrir ?

Très exactement, c’est l’univers du BDSM que je veux continuer à découvrir. Actuellement, mon Maître et moi-même nous cherchons à faire des rencontres d’un autre genre, pousser nos séances vers d’autres pratiques, avancer vers toutes nos envies. Le projet actuel serait d’aller dans une soirée BDSM, mais rien n’est encore statué, c’est en cours de réflexion, pour des raisons pratico-pratiques surtout

 

Quelle relation entretiens-tu avec tes internautes ?

Je pense que je suis proche de mes lecteurs. A vrai dire je ne me rends pas trop compte et certains me croient inaccessible. Tout ce que je sais c’est que je n’ai pas envie d’être une bloggeuse prétentieuse et snobinarde. Je souhaite être proche de mes lecteurs et je fais l’effort au quotidien pour ça, même si parfois je peux mettre des semaines à répondre à un mail, j’y répond à coup sûr. Certains de mes lecteurs sont des « admirateurs » fidèles et je suis flattée mais à la fois émue, car parfois face à de nombreux goujats infâmes, il y a aussi de belles âmes chaleureuses et respectueuses. Ce que je regrette le plus, c’est les femmes et leur manque d’assurance, beaucoup d’entre elles n’osent pas venir me parler et je le regrette, j’aimerais, si elles lisent ce message, qu’elles comprennent que je ne vaux pas mieux qu’une autre et que je ne mange personne 😉

 

Quel est le message qui t’a le plus touché ?

Sans nul doute le message de A, son commentaire dans l’article « Lettre ouverte à A. » Une fille qui m’aura beaucoup apprécié et réciproquement.

J’ai appris que tu étais aussi auteure à succès, je te donne donc rdv très vite pour nous en parler !

 

As-tu un dernier mot pour nos internautes ?

Effectivement, j’ai commencé à écrire l’histoire de ma vie… qui est loin d’être un long fleuve tranquille 😉 Une petite novella qui se lit en quelques heures, que je recommande évidemment.

Pour conclure, je donne rendez-vous à tous sur mon blog http://soumise-blog.com et te remercie Amandine pour cette belle interview !

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