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Octavie, pouvez-vous présenter pour les lecteurs et lectrices d'histoires-libertines.com ?
Je suis une Parisienne trentenaire, auteure érotique, publiée depuis 2010. Cette particularité mise à part, je dirais que je suis une femme presque normale. Certes, je m’intéresse à la sexualité, à la littérature, lesquelles occupent une place de plus en plus grande dans ma vie, mais aussi à bien d’autres choses…
Comment êtes-vous venue à l'écriture d'In/soumises votre première publication ?
Ce recueil était dirigé par Gala Fur et Wendy Delorme. Il se trouve que j’avais fait la connaissance de Gala Fur, pour des raisons extérieures à la littérature. Un jour, elle m’a dit qu’elle était en charge de collecter des textes sur le thème des jeux de pouvoir, et qu’elle peinait à en trouver de bons. Je lui ai humblement demandé si je pouvais lui proposer quelque chose de mon cru. Elle accepté. Elle et Wendy ont aimé mon texte « Le taille-crayon », c’est ainsi qu’il a trouvé sa place dans le recueil In/Soumises. Pour autant, cette nouvelle n’était pas le premier texte érotique que j’écrivais.
J’avais commencé à manier la plume à l’âge de 25 ans. J’avais écrit un roman, que je n’avais pas osé envoyer aux maisons d’édition parce que je le jugeais imparfait, ainsi qu'un recueil de nouvelles.
Le genre érotique s’est imposé à moi pour plusieurs raisons : j’étais souvent déçue par mes lectures « licencieuses », où les fantasmes masculins semblaient être la norme. Je me suis dit qu’il y avait encore de la place pour des plumes différentes. Par ailleurs, j’aimais l’idée d’écrire sur l’intime, sur ce qui habituellement est passé sous silence, ou tient de l’ellipse. La vie, c’est toutes sortes d’aventures, d’échanges, d’émotions, de joies et de malheurs, mais c’est aussi et surtout le sexe, qui conditionne nos existences. Alors pourquoi ne pas lui rendre la place qu’il mérite ?
D'où vient votre inspiration ?
De la vie, de mes expériences, de mes fantasmes, de mon imagination, ou de témoignages de proches. Je n’ai pas qu’une seule source d’inspiration. J’essaie au maximum de varier les plaisirs, de ne pas toujours écrire des textes qui reproduisent les mêmes scènes. Et en matière de sexualité, je vous prie de croire que ce n’est pas toujours facile ! Si l’on prend les choses au pied de la lettre, on a vite fait le tour de la question. Il faut redoubler d’imagination pour se renouveler dans ce genre, en jouant sur les situations, les lieux, les époques, le caractère et les envies des personnages. Par chance, je suis rarement à court d’idées… D’aucuns disent que c’est parce que je suis perverse… Je ne me prononce pas sur ce point, je me qualifierais plutôt de sensuelle et espiègle. J’aime jouer avec mes personnages, autant qu’avec le lecteur.
Combien de livres avez-vous publiés ?
À ce jour, je suis intervenue dans neuf ouvrages collectifs, chez La Musardine (principalement dans la collection « Osez 20 histoires de sexe ») et Blanche. En tout, j’ai publié une vingtaine de nouvelles.
Quels thèmes abordez-vous à travers vos récits ?
Je n’ai pas un seul thème de prédilection, mais je constate que le sadomasochisme est très présent dans mes récits, de manière plus ou moins explicite. J’ai écrit des textes qui font la part belle à la domination féminine, à la flagellation, à la fessée, à la sodomie des hommes, à l’urologie, au fétichisme du pied… Mais j’aborde aussi des thèmes plus « soft », je parle volontiers de rencontres fortuites, des désirs qui peuvent les accompagner, de pulsions, de sensualité, d’amours épanouies ou contrariées. Mes textes peuvent être enjoués, amoureux, ou plus sombres. Encore une fois, mon maître mot est la variété. Je ne suis pas fixée sur un seul type de relation. Les seules choses que je n’écris pas, sont celles qui ne me parlent pas du tout. Je n’ai pas forcément besoin de fantasmer moi-même sur ce que j’écris, mais il faut tout de même que je puisse être en empathie avec les personnages, que je comprenne leurs motivations, leurs envies. J’aurais du mal à écrire un texte sur un bukkake, par exemple, parce que c’est trop éloigné de mon domaine fantasmatique.
Mon petit doigt m'a appris qu'un nouveau était en phase de finalisation... Pouvez-vous nous en parler ?
Oui, en ce moment je boucle un projet de roman pour La Musardine. C’est un gros chantier, sur lequel je travaille depuis plus d’un an. Le livre sera épais, ce qui n’est pas si fréquent dans le domaine érotique. Le texte est en phase de finalisation, je ne peux pas encore avancer une date de publication, car cela ne dépend pas de moi, mais c’est en bonne voie. Ce sera un concept innovant, tant par le ton que par le public visé. Il bousculera un peu les codes du genre en présentant délibérément des personnages féminins en phase avec leur époque : libres, rigolotes, décomplexées, au franc-parler croustillant. C’est une approche très différente de celle que j’adopte lorsque j’écris des nouvelles. Les lecteurs qui me connaissent seront sans doute surpris de me trouver dans ce registre. Mais la surprise devrait être bonne !
Quel a été le plus beau message ou témoignage de fans, que vous ayez reçu ?
C’est assez récent : « Vous n’êtes pas un écrivain érotique, vous êtes un écrivain tout court. »
Quels sont vos projets pour 2012 ?
Écrire, encore et encore. Toujours des nouvelles, pour la collection Osez 20 histoires, notamment. Il y a encore beaucoup de thèmes en chantier : sextoys, l’amour dans un train, le voyeurisme… Et puis je compte écrire d’autres romans, peut-être la suite de celui que je viens de terminer. Je souhaite aussi me lancer dans des projets plus personnels, comme un recueil de nouvelles en solo, un autre texte long.
Que peut-on vous souhaiter ?
Le succès de mes livres ! Qu’ils apportent beaucoup de plaisir, de bonheur et d’évasion aux lecteurs. Et à titre plus personnel : une longue vie à ma libido, sans laquelle je serais amputée d’une part non négligeable de mon inspiration.
Un petit mot pour nos internautes ?
Continuez ! Lisez, écrivez, rêvez, jouissez de la vie et de ses plaisirs.